Femmes et familles en islam

Le féminisme musulman comme effort de renouveau et de modernisation

Les évènements du 11 septembre 2001 et les réactions qui ont suivi ont mis la foi musulmane – et particulièrement l’extrémisme islamiste – sous les projecteurs et ont fait d’elle un sujet de discussion sans fin. Alors que les opinions de musulmans politiquement actifs (islamistes) ou extrémistes sont devenus des sujets de plus en plus médiatiques, les musulmans libéraux ne sont pas l’objet de la même attention. Pourtant, le féminisme musulman peut être considéré comme une forme d’islam libéral.

Crimes d'honneur et émancipation

« A Şanliurfa, une femme a été assassinée. Il a d’abord semblait qu’il s’agissait d’un accident de la route mais la vérité est apparue ensuite : Semse Kaynak, avait été assassinée. Après leur arrestation, son frère et son père ont expliqué qu’elle avait souillé l’« honneur » de la famille et que c’était la raison pour laquelle ils l’avaient précipitée sous les roues de leur tracteur. »

Crimes d'honneur et conceptions de l'honneur

« Senel Habes, de Kilis, divorcée, se rend au commissariat de police et raconte qu’elle est harcelée par son ex-mari. Paniquée, elle demande la protection du bureau du Procureur de la République. Bien que le danger soit avéré,  les autorités ont ignoré son appel à l’aide. Elle portait, sur son visage, les marques très nettes faites par l’acide que son mari avait jeté sur elle. Vingt jours plus tard, Senel Habes était tuée par son ex-mari. »

Mariages inter-religieux en islam

Que dit la loi islamique sur les mariages entre musulmans et gens d’autres religions ? Que permet-elle et qu’interdit-elle ? L’entretien qui suit s’efforce de répondre à ces questions. Il s’est déroulé entre plusieurs membres de l’Institut allemand pour les Etudes islamiques (IFI) et le juriste égyptien Rafiq Youssef.

Q : « Est-ce que les lois concernant le Mariage islamique permettent un mariage entre un Juif ou un Chrétien, un « protégé » (en arabe : ذمّي  Dhimmi), et une femme musulmane ? »

Etre femme aujourd'hui en Egypte

Dans les années récentes, la condition de la femme arabe est devenue le sujet de conversations inquiètes et passionnées en Occident. Il faut bien reconnaître que depuis que des mouvements islamistes violents prônent l’instauration d’un khalifat mondial, et que des prédicateurs salafistes militent pour l’application stricte de la charia dans un nombre croissant de domaines, le climat a changé dans les pays arabes comme dans les pays comptant un nombre important d’immigrants originaires de pays musulmans. Cet islam politisé et puritain réveille de vieilles peurs et les femmes qui se soumettent à ses expressions les plus sévères sont perçues comme la représentation d’une force hostile à la piété authentique et à la culture.

Le niqab augmente-t-il les chances d'une musulmane d'aller au paradis?

Nikab et paradis

Cette histoire[1] n’est pas l’histoire de toutes les femmes musulmanes, même si un nombre croissant d’entre elles peuvent peut-être s’y reconnaître. Cette histoire est celle d’une femme, née en France, pieuse dès son enfance et élevée dans la conscience d’appartenir à la communauté arabo-musulmane. Très jeune, elle accepte fièrement la séparation culturelle et religieuse qu’on lui inculque vis-à-vis des « Français ». Mais elle décide d’apprendre un métier, bien que toute sa famille lui répète qu’une fille n’a pas besoin de ça puisque son rôle sera de tenir sa maison pour son mari et d’élever ses enfants. A l’époque, elle ne se voile pas et ressent une immense satisfaction lorsqu’elle décroche son premier emploi dans une grande entreprise.

Voile intégral, un choix existentiel? (3)

Voile intégral, niqab, islam et femme musulmane
Chacun voit au port du nikab (voile intégral), une signification particulière. Pour les uns, il représente une exigence religieuse. C’est le point de vue des salafistes – champions du retour à l’islam des origines – ainsi que celui des défenseurs des droits de l’homme. Ces derniers prennent simplement acte du fait que des femmes invoquent des raisons religieuses pour porter le voile intégral et ne se permettent pas de juger leurs motifs. Pour d’autres, c’est une manifestation d’extrémisme religieux. C’est le point de vue des musulmans modérés ou libéraux du Moyen-Orient.

Voile intégral, interdire ou ne pas interdire? (2)

Voile intégral
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». C’est par ce rappel tiré de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 que commence la proposition de résolution présentée par André Gerin et une cinquantaine de députés à l’Assemblée nationale française le 9 juin 2009. Ses auteurs y insistent sur le fait que le cadre laïc de la Ve République « offre la possibilité et les moyens de coexister sur un même territoire à des hommes et des femmes qui ne partagent pas les mêmes convictions, plutôt que de les enfermer en une mosaïque de communautés repliées sur elles-mêmes et s’excluant mutuellement ». Or, en raison de ce que la burqa représente symboliquement et pratiquement, elle porte atteinte à la raison d’être essentielle de la laïcité, à savoir « l’intégration de tous dans la société » en vue de former « une communauté de destin appuyé sur des valeurs communes, une volonté et un désir de vivre ensemble ».

Voile intégral, parade à la modernité ? (1)

Voile intégral
 En 2006, Jack Straw, l’homme politique britannique, a déclaré que la burqa et le niqab étaient des « signes visibles de séparation et de différence ». Suite à cela, il a délicatement demandé que dans les cabinets médicaux de sa circonscription les femmes concernées veuillent bien « envisager de retirer leur voile ». Cette requête a immédiatement déchaîné la colère et les protestations des associations islamiques et des partis de la gauche britannique.

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